2014

Les passionnés de tirs à l’ancienne se retrouvent chaque année à Ancenis.

Reportage aujourd’hui à Ancenis, au stand de l’Aubinière où se retrouvent régulièrement les amateurs de tirs, des passionnés d’armes et d’histoire réunis au sein des Arquebusiers du Pays d’Ancenis, l’un des 14 clubs de tir du département. L’association compte aujourd’hui 260 tireurs.
Les Arquebusiers organisaient au mois d’avril le Rassemblement de la Duchesse Anne, rassemblement de collectionneurs d’armes anciennes venus de toute la France.

[Source]

LES ARMES DES PALADINS GRIS

Traduction d’un article de W. AUSTERMAN paru dans D.G.W. Blackpowder Annual 1993

La Guerre Civile fut le dernier conflit américain où l’on attendait des officiers supérieurs qu’ils mènent leurs hommes à la bataille en chargeant à leur tête. Il n’était pas rare de voir des commandants de brigade, de division ou même de corps dans les deux armées, agitant un sabre étincelant à l’avant de leurs unités. Les troupes Sudistes furent particulièrement remarquées pour leur élan et leur courage, voire leur témérité, au feu. Leurs meneurs reprenaient nécessairement le vieil idéal Anglo-Celtique du chef guerrier qui se battait en même temps que ses hommes et qui partageait leur destin. C’est pour cela que les tristes champs de bataille de Gettysburg et de Franklin résonnèrent d’échos de Hastings et de Flodden. Le résultat tragique de cette croyance au vieux code du chef qui fonce au combat devant ses hommes fut que, sur 425 officiers supérieurs enregistrés sur les listes des forces Confédérées, 235 d’entre eux, soit 55 %, furent tués ou blessés au champ d’honneur. Soixante dix sept d’entre eux moururent en combattant, et, sur ce total, vingt et un furent blessés au moins une fois avant de l’être mortellement. Sur les 158 généraux qui furent blessés et qui survécurent, trente et un furent touchés deux fois, dix huit trois fois, et une douzaine furent blessés quatre fois ou plus. Quatre d’entre eux furent blessés cinq fois, et trois portaient sept blessures. Le record fut probablement le cas du Brigadier General William R. COX qui, à la fin de la guerre, portait les cicatrices de onze blessures de guerre sur son corps de trente trois ans.

LES ARMES DES COMANCHEROS

Traduction d’un article de W. AUSTERMAN paru dans D.G.W. Blackpowder Annual 1990

Comanchero ! Pour ceux qui vivaient le long des rives sauvages de la frontière du sud-ouest au milieu et Ă  la fin des annĂ©es 1800, ce mot-lĂ  Ă©voquait autant une Ă©pithète remplie de haine qu’un nom dĂ©finissant une certaine classe d’hommes. Pendant presque un siècle, les caravanes de chars Ă  bĹ“ufs et de mules passèrent vers l’est depuis le Nouveau Mexique Ă  travers les Staked Plains, les Plaines JalonnĂ©es, pour atteindre les lieux de rendez-vous avec certaines des tribus d’Indiens les plus fĂ©roces du contient. C’est lĂ , dans l’ombre de la faille lugubre d’un canyon ou le long d’un dĂ©filĂ© sans nom taillĂ© par l’érosion de la pluie, qu’ils Ă©changeaient leurs marchandises contre des peaux de bison, du bĂ©tail, des chevaux, des mules ou des prisonniers Blancs. Courtiers en aviditĂ© et en misère humaine, les Comancheros exerçaient leur trafic sordide dans cette contrĂ©e sauvage avec la certitude arrogante d’hommes qui savaient que la force de la loi ne s’étendait pas plus loin que lĂ  oĂą la poudre, les capsules et les balles rondes ne pourraient la porter. A l’époque oĂą le mĂ©tier de Comanchero atteignit son apogĂ©e dans les annĂ©es qui suivirent la Guerre Civile, leurs rangs comptaient de tout, des Anglos renĂ©gats et des New Mexicains sans scrupules, aux Indiens Pueblo prĂŞts Ă  faire des affaires avec leurs anciens ennemis si le prix y Ă©tait. Quelques Comancheros se contentaient de rencontrer les protagonistes sur leur propre terrain pour les ventes. D’autres chevauchaient avec les bandes de guerriers qui s’élançaient vers le Sud depuis les hautes plaines vers le Texas, ou bien par le Nord vers le Kansas et le Colorado, en prĂŞtant leur intelligence de prĂ©dateurs Ă  la fĂ©rocitĂ© de leurs clients au fur et Ă  mesure que ceux-ci choisissaient les cibles pour leurs raids. Tous les Comancheros vivaient littĂ©ralement grâce aux armes, et celles qu’ils utilisaient ou Ă©changeaient constituaient les variations de leur commerce morbide. Il existe des traces aussi anciennes que 1780, oĂą l’on retrouve des bandes d’aventuriers du Nouveau Mexique qui dĂ©fiaient les prohibitions gouvernementales Ă  rechercher les tribus des plaines Ă  l’Est, pour leur commerce. Ces trafiquants acquirent une connaissance intime de la rĂ©gion ainsi que des meilleurs chemins Ă  prendre pour traverser sa surface aride.

LES ARMES DES CHERCHEURS D’OR « QUARTANTE-NEUVIENS »

Traduction d’un article de Rick HACKER paru dans D.G.W. Blackpowder Annual 1983

( les remarques en italique sont du traducteur )

S’il y a un Ă©vĂ©nement qui peut ĂŞtre tenu pour avoir Ă©tĂ© le point de dĂ©part de la grande migration de colons vers le Far West, l’Ouest Lointain, c’est la RuĂ©e vers l’Or de Californie en 1849. En une seule annĂ©e, ce qui n’avait jadis Ă©tĂ© qu’un endroit tranquille, rural et presque ignorĂ©, un lacis de rivières paresseuses et de collines de genĂ©vriers qui s’élevaient doucement pour rejoindre les crĂŞtes recouvertes de pins et de granit de la Sierra Nevada, la Montagne EnneigĂ©e, se transforma en des villes grouillantes de communautĂ©s agitĂ©es, construites Ă  la hâte et n’importe comment, de routes encombrĂ©es de chariots et d’essaims d’une importance jamais vue auparavant, d’hommes, de femmes et d’enfants issus de toutes les couches sociales et venant de pratiquement tous les coins du globe. En moins de dix ans, la population de la ruĂ©e vers l’or de Californie gonfla de 14 000 en 1848 Ă  plus de 380 000 en 1860. Et pour moi, de 1848 Ă  1860, ça ne fait pas moins de dix ans, ça en fait douze. Ironiquement, la première fois oĂą l’on dĂ©couvrit de l’or fut un Ă©vĂ©nement très peu relatĂ©, et l’homme Ă  qui l’on attribue gĂ©nĂ©ralement cette ruĂ©e vers l’or, John Augustus SUTTER, mourut dans la misère, se lamentant Â« Mes jours les plus beaux furent ceux d’avant la ruĂ©e vers l’or Â»C’est donc le seul mec, dĂ©jĂ  riche avant, que la dĂ©couverte d’or rendit pauvre. En fait, les autres sont venus prendre l’or que l’on trouvait chez lui, certains y moururent, souvent d’une mort violente, avant d’en avoir trouvĂ©, d’autres moururent dans la misère sans en avoir trouvĂ©, d’autres moururent aussi dans la misère, après en avoir trouvĂ© mais après l’avoir flambĂ©, d’autres encore repartirent avec une fortune, mais lui n’en chercha jamais, alors qu’il Ă©tait Ă  sa portĂ©e puisque tout le pays Ă©tait Ă  lui, et les cafards fous lui ont massacrĂ© son petit coin de paradis. Avant la dĂ©couverte de « couleur Â», SUTTER Ă©tait l’homme le plus important et le plus influent dans la rĂ©gion du delta du Sacramento en Nouvelle Californie. Sa forteresse de cinq acres, qu’il appelait « New Helvetia Â», la Nouvelle Suisse, Ă©tait un empire miniature fait d’un mur de deux pieds et demi formant un fort autonome qui avait des Ă©curies, des jardins, une forge, une tannerie, des magasins gĂ©nĂ©raux, bref, tout ce dont on pouvait avoir besoin pour vivre dans un pays rural oĂą personne ne venait dĂ©ranger et que presque personne ne venait visiter. Le fort lui-mĂŞme Ă©tait gardĂ© par de hautes tours et des canons Ă  chaque point stratĂ©gique. A l’époque oĂą les Etats Unis arrachèrent l’Alta California au Mexique en 1846, c’est-Ă -dire la Haute Californie ou la partie Nord aujourd’hui amĂ©ricaine, en comparaison avec la Baja California qui est toujours mexicaine, SUTTER se sentait en sĂ©curitĂ©. Bien qu’il fĂ»t un immigrant Suisse et que le GĂ©nĂ©ral Guadalupe VALLEJO lui eĂ»t donnĂ© officiellement le grade militaire de Capitaine, sa loyautĂ© Ă©tait pour les « States Â». Il ne se rendait pas compte de la menace qui l’attendait sous les eaux tumultueuses de la rivière America, Ă  quelques miles en amont de son enceinte fermĂ©e. Dans ma collection personnelle, j’ai une reproduction relativement rare du journal de la New Helvetia de SUTTER. En lisant les mots de SUTTER au sujet de ces annĂ©es tranquilles prĂ©cĂ©dant la ruĂ©e vers l’or, je ne vois presque pas de mention sur des armes, de quelque sorte que ce soit, Ă  l’exception du canon qui gardait le fort. Pourtant, les armes Ă  feu ont toujours fait partie de toute manière de vivre sur la frontière et, au cours de visites personnelles sur les restes reconstruits, en un peu plus petit, de Fort Sutter, je ne fus pas surpris de dĂ©couvrir l’existence d’armes longues, la plupart des mousquets et des fusils de type militaire, que l’on utilisait Ă  l’époque Ă  la fois pour se procurer de la nourriture et pour assurer sa protection personnelle. Malheureusement, Ă  cause des effets du temps et de la corrosion, seuls ont pu ĂŞtre identifiĂ©s un mousquet modèle U.S. 1795 et un fusil rayĂ© modèle Mississipi 1841, en mĂŞme temps que quelques fusils de chasse juxtaposĂ©s Ă  percussion, l’un des outils les plus utiles, comme nous allons le voir, pour les « quarante-neuviens Â», appelons-les comme çà, ces hommes et ces femmes de la RuĂ©e vers l’Or de 1849, pour rester fidèle Ă  l’expression de l’auteur tout en ne tombant pas dans l’imitation « soixante-huitard Â» sur le retour d’âge. Bien sĂ»r, ce ne fut pas une surprise de dĂ©couvrir des fusils militaires Ă  Fort Sutter, car ce havre bien connu Ă©tait une escale programmĂ©e pour quiconque voyageait tranquillement Ă  travers la Californie avant la ruĂ©e vers l’or. C’est cette popularitĂ© de la New Helvetia, et le dĂ©sir de SUTTER d’étendre son empire, qui furent responsables, indirectement en tous cas, de sa perte. Un autre facteur qui dut y contribuer fut qu’il nĂ©gligea de rĂ©aliser l’importance que la dĂ©couverte de l’or allait apporter Ă  la rĂ©gion.

LE COLT POCKET MODEL 1849

Traduction d’un article de Ph. SPANGENBERGER dans D.G.W. Blackpowder Annual 1993

Alors que beaucoup de gens croient que le revolver Colt Single Action Army 1873 fut le six-coups qui gagna l’Ouest, il y eut tout plein d’armes de poing qui eurent un impact sur notre frontière amĂ©ricaine des annĂ©es avant que le S.A.A. fĂ»t mĂŞme un rĂŞve. Bien-sĂ»r, Colt Ă©tait devenu synonyme de qualitĂ© des dizaines d’annĂ©es avant 1873, grâce Ă  ces armes totales que furent le 1851 Navy, le 1860 Army, les diffĂ©rents modèles de Dragoon, et d’autres. Ironiquement toutefois, malgrĂ© la bonne rĂ©putation qu’avaient gagnĂ© ces pistolets « de ceinture Â» ou bien « de selle Â», ce fut un petit pistolet Ă  cinq coups qui donna au Colonel Samuel COLT une place solide dans le commerce des armes. L’époque de la moitiĂ© du dix-neuvième siècle fut une aventure globale. Dans pratiquement tous les coins du monde, il y avait de nouvelles terres Ă  explorer et Ă  conquĂ©rir, des frontières Ă  domestiquer, et des fortunes Ă  faire… ou Ă  perdre. Ceux qui s’aventuraient dans ces terres sauvages voulaient la meilleure protection disponible. Les villes, elles aussi, Ă©taient pourries de crime, et largement peuplĂ©es d’individus peu recommandables. Le chĂ´mage Ă©tait souvent Ă©levĂ©, la famine frappait constamment de nombreuses villes de l’Ancien Monde, et l’absence d’une force de police forte, parfois l’absence de toute police, augmentait le pĂ©ril pour le citoyen. La vie Ă©tait telle en ces temps-lĂ , que porter une arme personnelle n’était pas seulement raisonnable, mais c’était souvent nĂ©cessaire ! Se dĂ©placer d’une zone peuplĂ©e vers une autre reprĂ©sentait souvent une entreprise dangereuse, avec ses bandits de grands chemins et ses bandes errantes de maraudeurs qui constituaient un pĂ©ril pour le voyageur. Les fabricants d’armes Ă©taient occupĂ©s Ă  produire des armes Ă  feu militaires et civiles, ainsi que des armes blanches, et la demande du grand public pour de petites armes de poing, faciles Ă  cacher mais fiables, n’était pas une mince affaire. Sam COLT Ă©tait un homme d’affaires astucieux et rĂ©alisa l’évidence de cette demande. Il rĂ©alisa aussi qu’une telle arme devrait ĂŞtre d’un prix abordable. On utilisait dĂ©jĂ  des milliers de petits pistolets Ă  un coup durant le milieu des annĂ©es 1840. Leur taille variait de l’immense et encombrant pistolets de selle en gros calibre, aux minuscules et inefficaces modèles de Â« pistolets de veston Â». Il y avait des pistolets Ă©quipĂ©s d’une lame de couteau, d’autres avec des poignĂ©es en forme de matraque, ou d’autres Ă©quipements auxiliaires dessus ou dedans, au cas oĂą le coup tirĂ© ne produirait pas l’effet dĂ©sirĂ©. Les « poivrières Â» Ă  canons multiples tournants Ă©taient elles-aussi assez populaires. Bien que ces dernières armes Ă  feu ne fussent pas grand chose en matière d’armes de poing pour nos standards modernes, elles furent en leur temps considĂ©rĂ©es comme les meilleurs pistolets que l’on pĂ»t porter.

LA BATAILLE DES LAVA BEDS

U.S. Army contre Modoc

Traduction d’un article de J.G. BILBY paru dans D.G.W. Blackpowder Annual 1993

Dans le sillage de la RuĂ©e vers l’Or de 1849, les petites tribus indigènes d’AmĂ©rindiens de Californie furent accablĂ©es par une vague de pillages, de viols, de massacres et de maladies qui rĂ©duisirent la population Indienne de l’Etat de soixante dix pour cent. A moins d’un millier, les Modoc, qui chassaient, cueillaient et pĂŞchaient sur une zone de plus de 5000 miles carrĂ©s près de la frontière entre la Californie et l’Oregon, refusèrent de sombrer tranquillement dans l’histoire sans rĂ©agir. Les Modoc prĂ©fĂ©raient Ă©viter les Blancs, mais l’invasion engendra une rĂ©sistance et dĂ©gĂ©nĂ©ra en une sĂ©rie de conflits pendant toutes les annĂ©es 1850. RavagĂ©s par la guerre et par la variole, opprimĂ©s par les colons et le gouvernement, les Modoc furent forcĂ©s Ă  Ă©migrer vers la RĂ©serve Klamath dans l’Oregon, après un traitĂ© signĂ© en 1864. Bien qu’harcelĂ©s par les Klamath, leur principal chef, Old Schonchin, Vieux Chauchichon, avec d’autres de son peuple, s’adaptèrent aux difficultĂ©s et Ă  la prĂ©caritĂ© de la vie en rĂ©serve. Beaucoup ne purent pas le faire. Kientpoos, connu chez les Blancs comme Captain Jack, retourna vers les traditionnels territoires de chasse sur la Lost River, Oregon. En 1870, le Responsable aux Affaires Indiennes de l’Oregon, Alfred B. MEACHAM, rĂ©ussit Ă  convaincre Jack de revenir dans la rĂ©serve auprès de son peuple. Pourtant, de nouveaux heurts avec les Klamath, combinĂ©s Ă  un programme officiel de destruction des pratiques culturelles et religieuses traditionnelles Modoc, provoqua une nouvelle fuite de la bande vers la Lost River en quelques mois. Les mineurs de la ville de Yreka, Ă©galement appelĂ©e Eureka et situĂ©e sur la cĂ´te, California, oĂą les Modoc travaillaient, achetaient, demandaient avis et aidaient mĂŞme Ă  combattre des feux, n’étaient pas gĂŞnĂ©s par le retour des Indiens. Les fermiers locaux non plus, payant un « loyer Â» aux Modoc sous forme de marchandises et de nourriture, ou employant des Indiens comme cow-boys, c’est-Ă -dire comme gardiens de vaches. Mais certains colons, en particulier de l’Oregon, estimaient que les Modoc constituaient une menace et envoyèrent une pĂ©tition au gouvernement pour qu’on les renvoyât. Tentant un compromis, Captain Jack proposa que l’on lui accordât une rĂ©serve de six miles carrĂ©s sur la Lost River pour lui et son peuple. Mais cette solution tout Ă  fait raisonnable, avalisĂ©e par MEACHAM et par le GĂ©nĂ©ral Edward R.S. CANBY, chef du DĂ©partement Ă  Columbia, ne fut jamais vraiment prise au sĂ©rieux, sans doute parce qu’elle aurait constituĂ© un dangereux prĂ©cĂ©dent en permettant aux Indiens de rĂ©clamer leurs terres traditionnelles.

HOMMES DE LOI SUR LA FRONTIERE

Des hĂ©ros ou des truands ?

Traduction d’un article de Joe BILBY paru dans D.G.W. Blackpowder Annual 1988

Le soleil du 30 Avril 1884 se levait tristement sur la ville de prairie de Medecine Lodge, au Kansas. C’était le dernier matin que verrait Henry BROWN, l’officier de police tout nouvellement mariĂ© et en charge de la ville toute proche de Caldwell. L’homme de loi de 27 ans mourrait ce jour-lĂ , suite Ă  une attaque de banque Ă  main armĂ©e sur Medecine Lodge. Il est intĂ©ressant de noter que BROWN ne mourut pas hĂ©roĂŻquement en dĂ©fendant la banque, mais paya de sa tĂŞte pour l’avoir dĂ©valisĂ©e. BROWN et son dĂ©putĂ©, Ben WHEELER, alias Ben ROBERTSON, Ă©taient partis de Caldwell quelques jours plus tĂ´t, sous prĂ©texte de courir après des voleurs de bĂ©tail dont ils auraient Ă©tĂ© sur la piste. Une fois tranquilles en dehors de la ville, le marshal et WHEELER rejoignirent deux petits malfrats, William SMITH et John WESLEY, et le quartet chevaucha vers Medecine Lodge, sous-entendu pour attaquer la Medecine Valley Bank . L’attaque tourna en fiasco, et les bandits frustrĂ©s tuèrent le prĂ©sident de la banque E.W. PAYNE ainsi que le caissier George GEPPERT. Poursuivis par un dĂ©tachement d’hommes en colère sous les ordres du shĂ©rif, BROWN et ses hommes se ruèrent dĂ©sespĂ©rĂ©ment vers une cache oĂą ils avaient mis des chevaux frais en rĂ©serve qui auraient pu leur permettre de s’échapper. Malheureusement pour eux, les bandits se trompèrent de direction, ils furent piĂ©gĂ©s et rapidement capturĂ©s. Mais putain, je t’avais dit que c’était Ă  droite, conaud ! L’incarcĂ©ration dans la prison de fortune de Medecine Lodge apporta peu de protection aux braqueurs de banque. Les citoyens de la ville, enragĂ©s par les meurtres de PAYNE et de GEPPERT, qui Ă©taient des gens connus et aimĂ©s, se prĂ©cipitèrent dans la prison et traĂ®nèrent les tueurs dehors. L’ancien marshal BROWN tenta de s’enfuir en courant, mais il fut coupĂ© en deux par une dĂ©charge de fusil de chasse. Ses trois camarades de crime furent pendus sommairement. C’est un lynchage. Bien qu’ils ne fussent pas aussi courants que les scĂ©naristes ou les Ă©crivains de romans Ă  quatre sous voudraient nous le faire croire, les attaques de banques Ă  main armĂ©e et les lynchages ne furent certainement pas des Ă©vènements inconnus dans l’Ouest amĂ©ricain du XIXème. siècle. Malheureusement, le cas de l’homme qui avait prĂŞtĂ© serment de dĂ©fendre « la loi et l’ordre Â» et qui avait passĂ© la ligne le sĂ©parant du banditisme pour son profit personnel, ne l’était pas non plus. Qu’il le sĂ»t ou non, le comportement outrageux de BROWN eut un prĂ©cĂ©dent avec celui de Henry PLUMMER. PLUMMER, nĂ© au Connecticut en 1837, fut attirĂ© en Californie vers 1850 par la fièvre de l’or. Loin d’être de ceux qui courraient après la chimère de l’Eldorado dans les collines, PLUMMER ouvrit une boulangerie Ă  Nevada City en 1853, gagnant un peu de liquide en extra comme joueur indĂ©pendant. PrĂ©sentant bien et habile avec une arme, il fut Ă©lu marshal de la ville en 1856. Mais cet homme de loi de 19 ans avait un gros dĂ©faut, un penchant pour les dames, pour les dames des autres hommes. L’une de ces affaires se finit au pistolet et le jeune marshal se retrouva condamnĂ© Ă  dix ans de prison pour avoir tuĂ© un mari jaloux. GraciĂ© au bout d’un an, PLUMMER fut bientĂ´t mĂŞlĂ© Ă  une sĂ©rie de combats de saloon et de braquages, et il tua un autre homme. Bien que remis en prison, il s’échappa et partit vers le Nord. L’homme de loi renĂ©gat se tailla un chemin plein de meurtres et d’adultères Ă  travers l’Oregon et l’Etat de Washington, en route vers les mines d’or du Montana, oĂą il s’établit comme joueur Ă  Bannack et prĂ©para secrètement la crĂ©ation d’une bande organisĂ©e « d’agents de la route Â». A cette Ă©poque, il rĂ©ussit Ă  se faire engager comme marshal. Mais PLUMMER dĂ©mĂ©nagea bientĂ´t vers des cieux plus propices Ă  Virginia City, oĂą il fut Ă  nouveau Ă©lu marshal et dĂ©veloppa ses activitĂ©s de bande organisĂ©e. Les capacitĂ©s d’organisation d’Henry PLUMMER Ă©taient sans aucun doute excellentes, et s’il les avait utilisĂ©es dans des voies plus sociables, on se serait souvenu de lui comme de l’un des pères fondateurs du Montana. Cependant et au lieu de cela, un comitĂ© de Vigilants termina sa carrière de bandit avec un badge attachĂ© au bout d’une corde en Janvier 1864. Â« L’étoile sur la corde Â», un vrai titre de film. Les marshals renĂ©gats BROWN et PLUMMER ne furent pas les seuls dans l’histoire de l’Ouest. Burt ALVORD, un avocat respectĂ© en Arizona, fut arrĂŞtĂ© en 1900 pour avoir conduit une bande de dĂ©valiseurs de trains alors qu’il Ă©tait policier Ă  Wilcox. « Buffalo Bill Â» BROOKS, premier marshal de Newton, Kansas, et plus tard policier Ă  Ellsworth, Kansas, attendit d’en avoir terminĂ© de faire respecter la loi avant de commencer sa carrière de voleur de chevaux. En 1874, il fut pendu lui aussi, les bottes aux pieds. Les DALTON, membres de ce qui fut considĂ©rĂ©e comme toute une famille de brigands, furent plus connus du grand public de leur Ă©poque et des gĂ©nĂ©rations qui suivirent, comme des hommes de loi qui avaient mal tournĂ©.

LE FAMEUX RIFLE MATCH DE 1874 A CREEDMOOR

Traduction d’un article de Bob SMITH paru dans D.G.W. Blackpowder Annual 1987

Creedmor – 1874 : L’histoire incroyable et fascinante de la première victoire de l’AmĂ©rique dans un concours de tir international. L’annĂ©e 1874 servira de repère pour le tir de compĂ©tition en AmĂ©rique, parce que, voyez-vous, les Etats Unis Ă©taient brusquement devenus la vedette du tir international, et cet Ă©vĂ©nement impressionnant aura bientĂ´t prouvĂ© que l’AmĂ©rique Ă©tait capable de se battre Ă  un niveau de compĂ©tition mondial.

LEY QUINTO (Cinquième Loi)

Traduction d’un article de W. AUSTERMAN paru dans D.G.W. Blackpowder Annual 1985

(Ce récit débute au début du XIXème. siècle, quand le Texas était encore indépendant et quand le Mexique étendait ses frontières beaucoup plus loin qu’aujourd’hui)

Partie en reconnaissance en cette annĂ©e 1837 le long de la frontière de la jeune rĂ©publique, une compagnie de Texas Rangers rencontra un cavalier solitaire qui aurait pu servir d’archĂ©type pour une engeance d’hommes qui allaient exporter un commerce horrible de l’autre cĂ´tĂ© du Rio Grande, et profondĂ©ment Ă  l’intĂ©rieur du Mexique, pour les dix annĂ©es Ă  venir. Le Capitaine William « Bigfoot Â» WALLACE sentit un frisson courir le long de sa moelle Ă©pinière lorsqu’il se retrouva en face de Jefferson TURNER, un homme qui ne vivait que pour donner la mort Ă  ses ennemis. Tatinnn, Tita-titinnn. Autrefois un colon bien pacifique, ce TURNER avait vu sa femme et ses enfants se faire massacrer au cours d’un raid d’Indiens, et il ne faisait plus Ă  prĂ©sent que hanter le dĂ©sert pour assouvir sa revanche. Plus tard, WALLACE se souviendrait de lui comme d’un Â« type grand et sec, vĂŞtu d’une chemise de chasse et de chausses en peau de chevreuil, avec un bonnet en fourrure de raton laveur sur la tĂŞte. Il portait Ă  l’épaule un long et vieux fusil Ă  silex, en fer et de type Kentucky, ainsi qu’un tomahawk et un couteau Ă  scalper passĂ©s dans sa ceinture. Ses cheveux Ă©taient emmĂŞlĂ©s et pendaient autour de son cou, hirsutes, en de grandes touffes non peignĂ©es, et ses yeux sortaient de sa tĂŞte, aussi brillants qu’une paire de charbons ardents. Â» Soixante ans plus tard, le vieil homme de la frontière se rappelait encore ces yeux en frissonnant« J’ai vu toutes sortes d’yeux de fauves, de panthères, de loups, de pumas, de lĂ©opards et de lions mexicains, mais je n’en ai jamais vu qui scintillaient, brillaient et dansaient comme ceux qui le faisaient dans cette tĂŞte-lĂ . Â» C’étaient les lanternes de la folie qui y brĂ»laient, et elles Ă©clairaient le chemin de TURNER dans sa course Ă©perdue après les scalps d’Indiens, c’est-Ă -dire leur cuir chevelu, dĂ©coupĂ© et arrachĂ© comme trophĂ©e. Alors qu’il chevauchait avec les Rangers, il prĂ©tendit qu’il venait d’en prendre trois de plus au cours d’une escarmouche avec les sauvages, portant ainsi son palmarès total Ă  quarante-neuf. Quand TURNER se sĂ©para de WALLACE, il se vanta qu’il ne reviendrait pas Ă  la civilisation avant d’en avoir attachĂ© une centaine, Ă©talĂ©s et sĂ©chĂ©s, sur des arceaux.

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