COLT CONTRE ADAMS

Traduction d’un article de Garry JAMES paru dans D.G.W. Blackpowder Annual 1993

Le Colt Navy était un revolver de belle figure tirant six coups, qui suivait le concept de la carcasse ouverte de ses prédécesseurs.

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LEY QUINTO (Cinquième Loi)

Traduction d’un article de W. AUSTERMAN paru dans D.G.W. Blackpowder Annual 1985

(Ce récit débute au début du XIXème. siècle, quand le Texas était encore indépendant et quand le Mexique étendait ses frontières beaucoup plus loin qu’aujourd’hui)

Partie en reconnaissance en cette année 1837 le long de la frontière de la jeune république, une compagnie de Texas Rangers rencontra un cavalier solitaire qui aurait pu servir d’archétype pour une engeance d’hommes qui allaient exporter un commerce horrible de l’autre côté du Rio Grande, et profondément à l’intérieur du Mexique, pour les dix années à venir. Le Capitaine William « Bigfoot » WALLACE sentit un frisson courir le long de sa moelle épinière lorsqu’il se retrouva en face de Jefferson TURNER, un homme qui ne vivait que pour donner la mort à ses ennemis. Tatinnn, Tita-titinnn. Autrefois un colon bien pacifique, ce TURNER avait vu sa femme et ses enfants se faire massacrer au cours d’un raid d’Indiens, et il ne faisait plus à présent que hanter le désert pour assouvir sa revanche. Plus tard, WALLACE se souviendrait de lui comme d’un « type grand et sec, vêtu d’une chemise de chasse et de chausses en peau de chevreuil, avec un bonnet en fourrure de raton laveur sur la tête. Il portait à l’épaule un long et vieux fusil à silex, en fer et de type Kentucky, ainsi qu’un tomahawk et un couteau à scalper passés dans sa ceinture. Ses cheveux étaient emmêlés et pendaient autour de son cou, hirsutes, en de grandes touffes non peignées, et ses yeux sortaient de sa tête, aussi brillants qu’une paire de charbons ardents. » Soixante ans plus tard, le vieil homme de la frontière se rappelait encore ces yeux en frissonnant« J’ai vu toutes sortes d’yeux de fauves, de panthères, de loups, de pumas, de léopards et de lions mexicains, mais je n’en ai jamais vu qui scintillaient, brillaient et dansaient comme ceux qui le faisaient dans cette tête-là. » C’étaient les lanternes de la folie qui y brûlaient, et elles éclairaient le chemin de TURNER dans sa course éperdue après les scalps d’Indiens, c’est-à-dire leur cuir chevelu, découpé et arraché comme trophée. Alors qu’il chevauchait avec les Rangers, il prétendit qu’il venait d’en prendre trois de plus au cours d’une escarmouche avec les sauvages, portant ainsi son palmarès total à quarante-neuf. Quand TURNER se sépara de WALLACE, il se vanta qu’il ne reviendrait pas à la civilisation avant d’en avoir attaché une centaine, étalés et séchés, sur des arceaux.

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Pas de boudin noir pour la poudre ?

Il n’y a pas si longtemps encore, j’entendais quelqu’un dire que les ressorts à boudin ne sont pas permis au contrôle des armes dans les compétitions aux Armes Anciennes, « parce que ce type de ressort n’était pas connu à l’époque où l’on tirait avec des armes à poudre noire. » J’ai même entendu dire la même chose par des arbitres à l’époque où je portais encore le blouson rouge. Quelque chose est totalement faux là-dedans, il faut le rappeler ou le préciser. Il est vrai néanmoins que les ressorts à boudin actionnant le chien sont un système moderne lorsqu’ils sont de la même conception que celle des revolvers modernes et ils ne peuvent passer. Certaines armes ARDESA sont refusées au contrôle des armes parce qu’elles ont un petit ressort à boudin dans la platine qui règle la garde du bec de gâchette sur le cran de départ. D’accord, une platine qui ne comportait pas de ressort à boudin à l’époque où elle avait été conçue doit rester telle quelle si elle veut mériter l’appellation de réplique, et tout artifice altérant le caractère de réplique doit prendre le chemin du refus chez un Arquebusier vraiment digne de ce nom. Comme tirer le Maximilien avec un tunnel de guidon à insert circulaire et un niveau à bulle ; mais, enfin, ce fut un jeune et il était du club qui recevait, alors… Et de toutes façons, espérer avoir des résultats phénoménaux avec du AREDESA est un symptôme signifiant que le propriétaire candidat doit avoir été atteint de paludisme. Citons aussi le RÜGER Old Army, qui a beau être une merveille de solidité et de bonne facture, tout en tirant juste, mais qui n’est pas du tout une réplique car il reprend les formes d’une arme tirant déjà des cartouches métalliques et, outre son maître ressort à boudin trop moderne par rapport à celui du COLT « 73 » à qui il est censé ressembler, il n’a rien à faire en Armes Anciennes à cause de ses organes de visée réglables et de l’absence d’arme originelle.

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Comment « HANDGONNE » devient tout naturellement « HANDGUN »

Il y a des gens sympas. Et parfois, on les prend pour des fous, mais « on » est un con. Donc, je tombe sur cette revue qui s’appelle BLACK POWDER et qui paraît tous les 3 mois chez nos britiches amis de ce qu’on pourrait appeler l’Association des Arquebusiers de Grande-Bretagne. C’est un peu comme le petit bouquin qui était édité par les Arquebusiers de France, mais en beaucoup moins rustique. Sauf que chez les A.D.F., c’était compris dans la maigre cotisation, donc on ne peut faire qu’avec ce qu’on a, et que chez nos tireurs d’outre-Manche, ça coûte 5,00 Britiches Livres Sterling, soit un peu plus de 7,40 Euro. Sans le port. Mais c’est bien, tout aussi bien même que notre truc français, du moins à l’époque où je cotisais encore avant d’en avoir marre de ne lire que des palmarès où les gens font des super scores qu’on se demande comment ils font, ou de concourir à côté de gens qui n’avaient pas l’esprit et qui venaient avec des vêtements de tir ou des organes de visée anachroniques. Et surtout parce qu’on les laissait faire. Enfin, je continue…

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Springfield contre Enfield

Traduction d’un article de Garry JAMES paru dans D.G.W. Blackpowder Annual 1983

Bien que le mousquet à canon rayé et la balle Minié eussent déjà prouvé leur valeur respective dans des conflits précédant la Guerre Civile Américaine, appelée en Europe Guerre de Sécession, le système n’avait jamais été essayé sur une échelle aussi vaste. Les Britanniques utilisèrent d’abord leurs fusils rayés Enfield à balle Minié en Crimée de 1854 à 1856 et pendant la Mutinerie d’Inde aussi appelée Révolte des Cipayes de 1857 à 1859, et leurs succès poussèrent d’autres pays, plus particulièrement les Etats Unis, à ré-évaluer et mettre à jour leurs antiques fusils à âme lisse en même temps que leurs manuels militaires. La « Guerre entre les Etats » vit des millions de fusils de type Minié de tous bords, les plus utilisés étant les Modèles 1855, 1858 et 1861 des Enfield anglais. Le Springfield et l’Enfield étaient considérés à cette époque comme les meilleurs fusils militaires rayés bien que, aussi bien à cette époque-là qu’aujourd’hui, tous les deux avaient leurs champions.

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Quelques armes à chargement par la culasse

DANS LA GUERRE DE SECESSION

Traduction d’un article de A.M. BECK paru dans D.G.W. Blackpowder Annual 1993

Addenda extraits du FLAYDERMAN’s Guide to Antique American Firearms, 6ème. édition

Parmi les diverses armes à chargement par la culasse, trois modèles furent en dotation en des quantités dépassant de loin toutes les autres. La Spencer, la Sharps et la Burnside. Nous avons choisi de faire tirer ces armes pour voir de quoi devait se contenter le troupier moyen ou le soldat d’infanterie chanceux. L’une des conséquences les plus intéressantes de la Guerre Civile fut l’accélération de la mise en service des armes à chargement par la culasse. On acheta une variété surprenante de carabines et de fusils, dans le but de ré-armer rapidement les troupes avec tout ce qui pouvait se charger par la culasse. Plusieurs armes issues de concepts parfaitement inefficaces furent mises en dotation, comme la Merrill de l’Union, la Starr et, dans une certaine mesure, la Gallager. Par contre, divers excellents systèmes apparurent. Parmi ceux-ci on compte la Spencer, la Maynard, la Burnside, la Smith et, bien sûr, la Sharps. Elles ne sont pas seulement des exemples du génie inventif du dix neuvième siècle, mais restent de belles et très bonnes armes de tir. On arrive à trouver toutes ces armes dans des divers états de conservation, allant du neuf « jamais tiré », au piqué ou au totalement inutilisable. Si l’on veut choisir une arme de l’époque de la Guerre Civile pour tirer avec, le plus important est l’état du mécanisme de la culasse, celui du canon passant en second lieu. Les rayures de ces armes sont taillées très profondément, et beaucoup tireront très bien même avec un canon piqué, bien que cela les rende beaucoup plus difficiles à nettoyer. Presque toutes les armes de cette époque avec lesquelles on voudra tirer aujourd’hui demanderont un « rodage ». Ceci représente à peu près une centaine de coups, avant que l’arme commence à grouper de manière régulière et n’enplombe plus. Beaucoup ne seront pas au mieux de leur forme avant deux cent coups. Les tous premiers coups peuvent même approcher la précision d’un canon lisse. Il faut autant que possible utiliser du plomb pur pour couler des balles destinées à être utilisées dans toute arme à feu des années 1860, et jamais plus dures que le plomb d’équilibrage. La plupart des canons sont en simple fer tendre, même sur les Sharps et les Spencer. Bien que les canons de Burnside soient marqués « Acier fondu », ils sont eux aussi considérablement plus tendres que les canons modernes. Des balles trop dures se sont pas seulement moins précises, mais elles usent inutilement le canon.

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William WALKER, Soldat de fortune

Traduction d’un article de J. CRUTCHFIELD paru dans D.G.W. Blackpowder Annual 1986

Demandez-voir à l’Américain moyen qui était William WALKER et il y a des chances que tout ce que vous aurez en réponse sera un regard étonné. Or et pendant la décade de 1850, WALKER état un nom qui se prononçait dans tous les foyers des Etats Unis tout entiers. Un des premiers de ces sortes de mercenaires que l’on appelle communément « soldats de fortune » et le seul autochtone américain qui fût jamais élu à la tête d’un pays étranger, WALKER passa ces années-là à faire la une des journaux avec ses exploits au Mexique, au Nicaragua et au Honduras.Des rencontres fréquentes avec des hommes d’affaires aussi importants que Cornelius VANDERBILT, ce magnat du transport et du rail qui voulait construire un canal à travers l’Amérique Centrale, et même le Président Franklin PIERCE ou James BUCHANAN avec qui il s’occupait des droits et des responsabilités des citoyens américains à l’étranger, avaient fait à WALKER la publicité dont il avait besoin auprès de l’opinion publique pour gagner le soutien des masses à ses missions indépendantes.Qui était cet aventurier qui fréquenta du magnat des affaires au Président Américain ? Pourquoi ce petit homme, mesurant à peine cinq pieds et six pouces de haut et pesant un peu plus de cent livres, restait-il totalement sans la moindre impression devant les hommes d’affaire ou le gouvernement des Etats Unis, lesquels fronçaient tous les deux les sourcils au vu et au su de ses activités théâtrales ? Qu’est-ce qu’il y eut en coulisses qui le poussa à envahir le Nicaragua en 1855 et de s’y faire élire président en moins de cinq mois au cours d’élections totalement libres ? Et puis, qu’était ce petit quelque chose qu’il dégageait, qui faisait qu’on le respectait, ou qu’on le craignait selon la manière dont on voit les choses, au point que ce gouvernement rebelle fut officiellement reconnu par les Etats Unis ? Vraiment, qui était ce William WALKER, cet homme à qui l’Histoire donnerait un jour le nom de « Les yeux gris du destin », mais que si peu d’Américains connaissent aujourd’hui, même de loin ? On ne connaîtra jamais les réponses à certaines de ces questions, mais d’autres font transparaître un peu de lumière, même s’il y en a peu, sur ce mystérieux Américain qui tint toute l’Amérique Centrale à sa botte durant les années 1850.

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Le prince des pistoleros

Traduction d’un article de Joe BILBY paru dans D.G.W. Blackpowder Annual 1986

Bill MASSIE était en train de regarder ses cartes lorsque cela se passa. Il entendit l’explosion du coup, sentit son bras s’engourdir, et leva les yeux. Il vit l’homme en face de lui tomber par terre, puis il vit Mc. CALL qui reculait au milieu d’un nuage de fumée de poudre noire, criant à tout de monde de sortir, ramenant le chien de son revolver en arrière avec son pouce et le laissant retomber en pointant l’arme en direction du barman sans que le coup ne parte, le bruit vide et métallique du faux-départ le suivant jusqu’à la porte. Lorsqu’il fut parti, on ne pouvait plus rien faire d’autre que regarder la flaque de sang qui s’agrandissait sous la tête de « Wild Bill », Bill le Sauvage. Une légende était morte. Vive la légende.

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Règlement et procédures pour le tir aux canons se chargeant par la bouche

Selon le Muzzleloading Artilleryman

3, Church Street – P.O. box 550 – Winchester, Massachussets 01890

On n’a pas besoin des américains en France, on sait se servir tout seuls des armes tirant à la poudre noire, mais ce petit truc m’a bien amusé quand je l’ai lu. Ca sent la crainte du procès typiquement américain parce que l’artilleur amateur n’aura pas été raisonnable. Comme je ne suis pas un artilleur confirmé mais juste utilisateur occasionnel de petites répliques, les termes techniques pour les accessoires sont susceptibles de s’appeler autrement dans le jargon des spécialistes. Et de toutes façons, les pièces d’artillerie dont se servent les gens qui tirent avec, comme le Parrott 1864 au calibre de 3 pouces ( 76,2 Millimètres ) pour 10 livres et pesant 880 livres ( 399,17 kilos ), ou bien le Tredegar 1863 de 12 livres, ne sont pas courantes en France. Les vrais artilleurs à poudre noire pas vraiment non plus. Mais on ne sait jamais, c’est mieux que de mourir con.

GENERALITES

Les règles suivantes s’appliquent aux équipes d’artilleurs utilisant des pièces fabriquées, ou transformées, selon les standards de sécurité modernes. L’âme du canon doit être faite dans un acier non soudé, d’une épaisseur minimum de ¼ de pouce ( 6,35 millimètres ) et elle doit être capable de supporter une pression de 85 000 PsI
( soit l’équivalent de 38 556 kilos par pouce carré, ou 5 511,19 KGS par CM² ). La culasse doit être vissée et goupillée. Les culasses soudées et goupillées peuvent être d’une résistance égale, mais leur installation relève d’un travail de spécialiste et d’un fabricant compétent. Les âmes sablées ne sont pas recommandées pour le tir. La cheminée doit être usinée de manière à assurer un passage direct à travers la fonte et l’âme en acier.

ZONE DE SECURITE

Etablir une zone de sécurité de 50 pieds ( 15,24 mètres ) entre les spectateurs et le canon. Aucune personne n’est autorisée à se trouver devant la bouche du canon, et à aucun moment de la séance de tir. Seuls les équipiers ou du personnel dûment autorisé et habilité peuvent se trouver dans cette zone, entre le canon et la ligne de spectateurs.

EQUIPEMENT NECESSAIRE

Dix membres au minimum pour l’équipe. Le couvercle de la caisse à munitions ne doit pas s’ouvrir à un angle de plus de 80 degrés. Une brosse à cheminée ou accessoire de nettoyage. Une aiguille à cheminée. Un doigtier. D’épais gants de soudeur. Un sac de cuir à utiliser pour passer les munitions, et un autre sac de cuir pour le matériel d’amorçage. Un fouloir. Une éponge mouillée. Une éponge sèche. Un grattoir. Un seau d’eau. De la poudre d’amorçage. De la mèche ou de la cordelette. Un chronomètre.

PROCEDURE STANDARD A DIX ETAPES :

I ) LE NETTOYAGE DE LA CHEMINEE :

Nettoyer la cheminée en premier lieu avant tout nettoyage, chargement ou tir, en utilisant l’une des trois méthodes approuvées suivantes :

  1. Le gaz comprimé. Utiliser du gaz carbonique, de l’air ou tout autre gaz pour finir de brûler ou éteindre les points chauds. On peut également utiliser des extincteurs ou des bombes d’air comprimé disponibles dans le commerce.
  1. Un écouvillon en bronze de calibre .22, ou toute autre brosse de taille appropriée, vissé sur une tige qui s’adaptera à la cheminée.
  2. L’aiguillette d’amorçage est passée plusieurs fois dans la cheminée, en tournant pour gratter.

II ) LA FERMETURE DE LA CHEMINEE :

Fermer la cheminée en pressant dessus avec le doigt, pendant tout le temps que dure le nettoyage et le chargement de la pièce. C’est-à-dire depuis le moment où le grattoir entre dans la bouche jusqu’au moment où le fouloir ressort après avoir assis le projectile. Utiliser un doigtier en cuir ou d’épais gants en cuir pour protéger le pouce.

III ) LE GRATTAGE :

Utiliser un outil à deux pointes aiguës, reproduisant un grattoir à canon identique à ceux de l’époque. Passer le grattoir deux fois dans le canon, en lui faisant faire deux tours complets à chaque fois au fond de la culasse, pour enlever tous les restes de gargousse, de poudre et pour en raffiner les résidus. Le grattoir doit s’ajuster à l’âme du canon pour que ses pointes enlèvent les résidus facilement.

IV ) LE PASSAGE DE L’EPONGE MOUILLEE :

  1. Passer une éponge mouillée, mais pas trempée, ajustée au calibre, fixée avec un brin de laine sur un cylindre de bois au bout d’un manche qui devra dépasser au moins d’un pied ( 30,48 centimètres ) de la bouche du canon une fois au fond.
  2. Pousser l’éponge contre le fond de la culasse et faire tourner deux fois complètement. Retirer l’éponge à moitié, tourner une nouvelle fois, enfoncer à nouveau l’éponge et tourner à nouveau deux fois.
  3. Enlever l’éponge. Si des résidus de poudre imbrûlés ou de gargousse sont visibles sur l’éponge, répéter entièrement la procédure en commençant par la phase III, c’est-à-dire le grattage.

V ) LE PASSAGE DE L’EPONGE SECHE :

Après le passage de l’éponge mouillée, on suit la même procédure avec une éponge sèche qu’avec l’éponge mouillée. L’éponge sèche est lavée régulièrement et séchée avec un tissu absorbant. Le but de l’éponge sèche est d’enlever l’excès d’humidité dans le canon. S’il reste de l’eau dans le canon, la charge suivante peut laisser des résidus imbrûlés qui deviendront dangereux s’ils sont encore incandescents.

VI ) LA MISE EN PLACE DE LA CHARGE :

  1. La charge de poudre doit être préparée à l’avance. Voir Règle de Sécurité N° 2 plus loin pour la préparation des gargousses. Il ne faut pas introduire la charge de poudre dans le canon avant d’avoir laissé passer une période de trois minutes. Utiliser le chronomètre.
  2. N’ouvrir la caisse à munitions que le temps d’en sortir une gargousse. Il est interdit d’ouvrir la caisse à munitions pendant qu’un autre canon se prépare à tirer ou pendant qu’il tire, et aussi longtemps que celui-ci n’est pas déchargé.
  3. Transporter la gargousse avec la charge de poudre depuis la caisse à munitions, qui sera située à au moins 25 pieds ( 7,62 mètres) derrière le canon, dans un sac de transport en cuir. Placer la gargousse d’une main devant la bouche du canon, en portant les gants de soudeur ou d’ouvrier de fonderie.
  4. Utiliser un fouloir à tête légèrement conique de type « Mississipi », pour forcer la main à rester ouverte en cas d’ignition prématurée.
  5. Le fouloir doit être marqué de deux repères. Le premier pour indiquer la longueur devant rester hors du canon une fois la charge en place, et l’autre pour indiquer celle qui doit rester une fois le projectile mis en place sur la charge, lorsqu’on tire avec un projectile et pas à blanc.
  6. En portant les gants épais de protection, se tenir sur le côté du canon en restant le plus possible derrière la bouche. Prendre le fouloir de l’autre main, paume vers le haut et pouce ouvert pour pouvoir le lâcher en cas d’ignition prématurée. Pousser la gargousse de l’extérieur dans le canon avec le fouloir, par coups souples et courts, mais francs, sans à-coups pour éviter de broyer les grains de poudre.
  7. Dès que l’on sent que la charge est au fond, retirer la main et le fouloir. Après cinq à dix secondes, on s’assure que la charge est bien au fond, en passant à nouveau le fouloir et en s’aidant des repères sur son manche. Le fouloir se tient d’une main, pouce ouvert. A aucun moment de l’opération, autrement que nécessaire, l’artilleur se tient autre part que sur le côté du canon, et jamais juste devant la bouche.

VII ) LA MISE EN PLACE DU PROJECTILE.

  1. La procédure de mise en place du projectile est identique à celle de la mise en place de la gargousse. Le fouloir est utilisé par coups légers, souples et courts, le pouce ouvert sur le côté, d’une main et paume vers le haut, jusqu’à ce que le repère sur le manche soit visible à sa place.
  2. Comme dans toutes les armes se chargeant par la bouche et pour éviter de faire éclater le canon, il est essentiel de s’assurer qu’il n’y a pas d’espace vide entre la charge de poudre et le projectile au moment où le coup part.
  3. Lorsque le fouloir est retiré, une fois le projectile en place, on peut dégager le pouce de la cheminée.

VIII ) LE PERCAGE DE LA GARGOUSSE :

  1. Pour s’assurer de l’ignition, percer la gargousse contenant la charge de poudre en utilisant une vrille fixée à un manche. La manipulation se fait avec les gants de soudeur.
  2. La vrille ne doit pas être trop longue jusqu’à atteindre le fond de la culasse une fois enfoncée jusqu’au bout, de façon à ne pas former d’espace vide sous la cheminée.

IX ) L’AMORCAGE :

  1. L’amorçage de la cheminée dépend du type d’ignition utilisé. Les amorçages typiques sont la mèche et la poudre d’amorçage, la fusée, le pétard, l’amorce à friction, le .22 à blanc et la capsule à percussion.
  2. Si on utilise de la poudre, l’amorçage s’effectue avec un récipient d’une contenance maximum équivalente au nécessaire pour remplir la cheminée de poudre en granulation FFFg ou FFFFg. L’accessoire d’amorçage à poudre doit avoir une poignée, de sorte que la main de l’artilleur ne se trouve jamais au-dessus de la cheminée lorsque la poudre est versée dedans. Une douille de .38 ou de .45 à laquelle un fil de cuivre torsadé aura été soudé donne de très bons résultats. L’amorçage ne se fera jamais depuis une poire à poudre ou une fiole.
  3. Si on utilise des fusées ou des pétards, les artilleurs doivent se rappeler que des résidus incandescents peuvent retomber au sol après l’explosion depuis le conduit de cheminée après le départ du coup. Attention : la fusée est souvent source de raté ou de long feu, qui sont susceptibles de pousser les spectateurs, les enfants, les photographes, ou les animaux de compagnie, à avancer en dehors de la zone de sécurité.
  4. Les amorçages à friction, les capsules à percussion et les cartouches de .22 à blanc, peuvent aussi former des débris incandescents. Tous les artilleurs de l’équipe doivent porter une protection sur la tête, comme toute sorte de chapeau ou de casquette, et les spectateurs doivent rester à distance de sécurité.

X ) LE TIR :

  1. L’artilleur chargé de faire partir le coup était l’homme N° 4 à l’époque de la Guerre de Sécession. Cet homme doit crier à voix haute et distincte « Prêt à faire feu ! » ( « Ready to Fire » ), pour avertir les autres que le canon est sur le point de tirer et le chef de pièce que l’amorçage est en place. A ce cri, toutes les caisses à munitions doivent immédiatement être fermées. Le chef de pièce fait une dernière inspection rapide de l’espace en aval du canon pour s’assurer que personne, photographes, enfants, animaux de compagnie, etc…, n’est en danger et commande« Feu ! » ( « Fire ! » ). On met alors le feu à l’amorce.
  2. La poudre d’amorçage, la fusée et le pétard sont allumés avec une mèche qui est suffisamment longue pour permettre aux canonniers de rester à l’extérieur des roues. La mèche est fabriquée dans une cordelette en coton imprégnée de nitrate de potassium ou d’acétate de plomb pour lui permettre de mieux brûler en se consumant plus lentement.
  3. Si on utilise une cordelette que l’on tire pour faire partir un amorçage à friction ou pour activer une platine à percussion ou des cartouches à blanc, elle devra être assez longue pour permettre aux canonniers de rester à l’extérieur des roues et de la zone du recul.
  4. Démarrer le chronomètre juste après le départ, pour s’assurer que les trois minutes de sécurité soient bien passées avant de recharger.

RATES

Si l’amorce brûle mais le coup ne part pas :

  1. Commander « N’avancez pas, il y a raté » ( « Do not advance, the primer has failed » ). Démarrer le chronomètre si ce n’est pas encore fait. Attendre trois minutes.
  2. Quand les trois minutes sont passées, s’approcher du canon par l’avant de façon à être à l’abri du recul en cas de long-feu. Se mettre à l’intérieur de la roue en prenant garde à ne pas passer devant la bouche, et travailler en avant de l’essieu. En portant les gants, nettoyer le cheminée avec la vrille, qui ne sera tenue que par le manche. Garder la tête à l’écart de la cheminée.
  3. Lorsque la cheminée est nettoyée, ré-amorcer et recommencer toute la procédure de tir avec tous ses commandements.

Si le canon ne tire toujours pas ou bout de trois essais, chasser la charge de poudre et le projectile avec l’extincteur à CO2, en le faisant fonctionner depuis la cheminée et en les poussant ainsi dehors.

HUIT REGLES DE BASE POUR LA SECURITE

  1. La charge de poudre ne doit pas dépasser 2 onces ( 56,70 grammes ) de poudre en granulation Fg, ou 3 onces de FFA, par pouce de calibre en diamètre.
  2. Préparer les gargousses à l’avance. Utiliser un sac en plastique dont l’ouverture sera entortillée et fermée par un petit nœud. Fermer le nœud de façon à ce qu’il reste plein d’espace à l’intérieur du sac, mais que l’air retenu ne forme pas un ballon. Couper la partie de plastique qui dépasse du nœud. Envelopper ce sac dans une double couche de feuille d’aluminium. Veiller à ne pas faire éclater le sac. Le sac empêche les granulés de poudre d’être retenus dans les plis de l’aluminium. L’aluminium utilisé seul laissera souvent des imbrûlés, que l’on retrouvera dans le canon au moment du grattage. Note : La loi de l’état du Massachusetts obligeaient il y a quelques années à utiliser des gargousses qui se consumaient entièrement. Ces lois permettent aujourd’hui d’utiliser l’aluminium. Seules des équipes de canonniers parfaitement expérimentés pourront utiliser des gargousses de sacs en plastique non recouverts de feuille d’aluminium.
  1. Tous les membres de l’équipe de canonniers devront porter une protection des oreilles.
  2. Personne ne doit passer devant la bouche du canon lors de toute la durée des opérations de nettoyage, de chargement et de tir.
  3. La caisse à munitions doit être surveillée à tout moment, ou maintenue fermée. L’intérieur de cette caisse aura été auparavant tapissé d’un matériau ne faisant pas d’étincelles et non sensible à l’électricité statique, comme du bois, du cuivre, du plomb, ou autre, et la caisse elle-même doit être solide, construite dans du bois ou du métal.
  4. Il est interdit de fumer sur tout le pas de tir.
  5. Il est interdit de consommer des boissons alcoolisées sur tout le pas de tir. Tout artilleur qui montre des signes d’ébriété ou les effets d’une autre drogue, doit immédiatement être remplacé.
  6. Les projectiles doivent être fabriqués de manière à passer facilement dans un gabarit au calibre, avec la seule poussée du doigt. La longueur du gabarit au calibre est d’au moins 1,5 fois celle du projectile et son diamètre ne peut dépasser celui de l’intérieur du canon lorsqu’il était neuf.

IL FAUT TOUJOURS LAISSER PASSER TROIS MINUTES ENTRE LE COUP DE FEU ET LA MISE EN PLACE DE LA NOUVELLE CHARGE !

Ce règlement a été élaboré par le magazine The Muzzleloading Artilleryman en 1980 et 1983, écrit et édité par les membres du North-South Skirmish Association en les personnes de Matthew C. SWITLIK, Commandant de la batterie Clark, Bernard KURDT, Commandant du 120ème. Volunteers et Officier de Sécurité des Union and Confederate Volunteers, ainsi que C. Peter JORGENSEN, Artilleur.

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