LES ARMES DES PALADINS GRIS

Traduction d’un article de W. AUSTERMAN paru dans D.G.W. Blackpowder Annual 1993

 

La Guerre Civile fut le dernier conflit américain où l’on attendait des officiers supérieurs qu’ils mènent leurs hommes à la bataille en chargeant à leur tête. Il n’était pas rare de voir des commandants de brigade, de division ou même de corps dans les deux armées, agitant un sabre étincelant à l’avant de leurs unités. Les troupes Sudistes furent particulièrement remarquées pour leur élan et leur courage, voire leur témérité, au feu. Leurs meneurs reprenaient nécessairement le vieil idéal Anglo-Celtique du chef guerrier qui se battait en même temps que ses hommes et qui partageait leur destin. C’est pour cela que les tristes champs de bataille de Gettysburg et de Franklin résonnèrent d’échos de Hastings et de Flodden. Le résultat tragique de cette croyance au vieux code du chef qui fonce au combat devant ses hommes fut que, sur 425 officiers supérieurs enregistrés sur les listes des forces Confédérées, 235 d’entre eux, soit 55 %, furent tués ou blessés au champ d’honneur. Soixante dix sept d’entre eux moururent en combattant, et, sur ce total, vingt et un furent blessés au moins une fois avant de l’être mortellement. Sur les 158 généraux qui furent blessés et qui survécurent, trente et un furent touchés deux fois, dix huit trois fois, et une douzaine furent blessés quatre fois ou plus. Quatre d’entre eux furent blessés cinq fois, et trois portaient sept blessures. Le record fut probablement le cas du Brigadier General William R. COX qui, à la fin de la guerre, portait les cicatrices de onze blessures de guerre sur son corps de trente trois ans.

Les armes que portaient ces paladins Gris étaient importantes, autant comme symboles de rang et comme arbitres de différend avec l’ennemi. Bien que ce type de rencontre ne fût pas ce que l’on attendait de la part de ces officiers supérieurs, ils se sentaient obligés de montrer l’exemple en matière de courage et d’agressivité, en prouvant leur indifférence au danger sur le champ de bataille. Il en résultat un groupe de commandants dont le choix des armes personnelles fut aussi diversifié que leur habileté à s’en servir fut mortelle. Dans l’ensemble, les officiers Confédérés furent des hommes relativement jeunes, mais beaucoup avaient déjà vu le combat lors de la Guerre du Mexique ou sur la frontière. Beaucoup de ceux qui se plongèrent dans la Guerre de Sécession depuis la vie civile avaient été exposés au combat personnel sous la forme de duels ou de rencontres similaires. De jeunes généraux tels John Hunt MORGAN avaient déjà vu des hommes piqués au bout d’une pointe de lance à Buena Vista, et Nathan Bedford FORREST s’était une fois battu tout seul contre une foule qui voulait le lyncher, dans la ville sauvage de Memphis. Chasseur et planteur de Caroline du Sud, Wade HAMPTON avait tué pas moins de quatre vingt ours avec seulement son couteau. Un jour qu’il était en patrouille sur le Territoire de New Mexico dans les années 1850, l’ancien Lieutenant du U.S. Regiment of Mounted Riflemen William H. JACKSON abattit un grizzly d’un seul coup de sabre. Le général Albert Sidney JOHNSTON se rappelait un duel dans lequel il s’était battu contre un autre officier alors qu’il commandait la toute petite armée régulière de la République du Texas dans les années 1830. Le Brigadier General Pierre G.T. BEAUREGARD, commandant le bombardement de Fort Sumter, et le General Joseph E. JOHNSTON, autre prénom, il y en a donc deux, acquirent leur gloire de commandeurs des forces Sudistes à la bataille de Manassas en Juillet 1861, première grande action terrestre de la guerre. Par la suite, BEAUREGARD occupa plusieurs commandements régionaux sur les théâtres de l’Est et de l’Ouest, alors que JOHNSTON resta à la tête de l’Armée de Virginie jusqu’à ce qu’il fût blessé au combat à Seven Pines au printemps de 1862. Plus tard, on lui confia le commandement de l’Armée du Tennessee de 1861à 1864, et à nouveau en 1865. JOHNSTON fut remplacé à la tête de l’Armée de Northen Virginia par Robert E. LEE. LEE et JOHNSTON avaient servi respectivement comme Lieutenant Colonel et Colonel à la tête du 2nd. U.S. Cavalry, créé en 1855. Les deux hommes avaient beaucoup servi sur la frontière au Texas contre les Comanche, les Kiowa, et les Apache. Des durs, des durs, rien que des durs…

 

Tous les deux avaient choisi des revolvers Colt comme armes personnelles. JOHNSTON reçut son revolver de Samuel COLT, qui lui en fit cadeau juste avant la guerre. COLT offrit au cavalier un Model 1860 Army en calibre .44, au numéro de série 2252, une arme sur laquelle on pouvait monter une crosse pour la transformer en carabine. Elle est exposée dans la collection du Musée de la Confédération à Richmond, Virginia.

 

LEE, quant à lui, était propriétaire de deux Colt de différents modèles. Il acheta, ou on lui offrit, un Model 1851 Navy en calibre .36, fabriqué en 1855. Cette arme, portant le numéro de série 37698, est finement gravée sur le canon et la carcasse, et fut portée pendant toute la guerre dans une fonte. Bien que LEE fût connu pour son agressivité et son empressement à mener ses hommes en personne en cas de coup dur, personne n’a jamais dit ou écrit qu’il avait sorti ce Colt pour s’en servir au combat.

 

 

PALADINS-GRIS-1LEE possédait également un revolver de poche Colt Root Model 1855. Il n’y a aucun doute que ce petit pistolet servait d’assurance en cas de capture, pour l’homme qui fut probablement le chef le plus important chez les Confédérés.

 

 

 

 

PALADINS-GRIS-3 BEAUREGARD, un Créole de Louisiane, préférait le revolver Le Mat Français. On le comprend, puisqu’il était partenaire avec le Dr. Jean Alexandre François Le MAT et le Dr. Charles F. GIRARD dans l’entreprise Parisienne qui fabriqua l’arme. Ces revolvers à neuf coups, dont les Confédérés en achetèrent environ 1500 exemplaires, étaient principalement fabriqués en calibre .42, et possédaient un deuxième canon en calibre .63 que l’on pouvait charger avec de la chevrotine, séparé sous le canon principal. Ce deuxième canon transformait l’arme en fusil de chasse miniature pour le travail à courte distance. Le pistolet Le Mat de BEAUREGARD fut acquis pendant la guerre.

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Le Major General James Ewell Brown STUART, dit « Jeb » STUART, était un autre amateur de Le Mat et fut l’un des personnages les plus romantiques parmi les Sudistes. On raconte que STUART tenait en main son revolver Le Mat, qui porte le numéro de série 115, lorsqu’il fut blessé mortellement par un cavalier du Michigan à Yellow Tavern le 12 Mai 1864. Le Major General James Patton ANDERSON de l’Armée du Tennessee, portait un Le Mat. Chirurgien pratiquant au début de la guerre, il entra au service comme Lieutenant Colonel et gagna sa première étoile en Février 1862. ANDERSON, qui était déjà un chef de Brigade et de Division agressif en 1864, fut sévèrement blessé lors de la campagne d’Atlanta, mais il était présent au moment de la reddition de l’armée en Caroline du Nord. Le revolver Le Mat d’ANDERSON, au numéro de série 475, survécut à la guerre et il peut être vu au Musée de la Confédération.

 

Le General Thomas Jonathan « Stonewall » JACKSON posséda au moins trois armes sur lesquelles on peut commenter. A l’époque où il était professeur au Virginia Military Institute, ou plus tard sur le terrain, il fit l’acquisition d’une paire de revolvers Anglais Adams en coffret. Ces jolies pièces d’armurerie à double action étaient populaires dans le Sud depuis le milieu des années 1850, et immédiatement disponibles dans certaines villes Sudistes chez les agents importateurs des sociétés Anglaises.

 

PALADINS-GRIS-4La bataille entre les inconditionnels des revolvers Adams et ceux des Colt est bien connue. Il y eut plusieurs versions du revolver Adams à double action. Les unes sont chambrées au calibre de .36, les autres en .44, la version commercialisée par Deane, Adams & Deane ne possédant pas de crête de chien. La Massachussetts Arms de Chicopee Falls, Ma., fabriqua environ 1 000 de ces revolvers sous licence pour Adams en calibre .36 à 5 coups.

En 1862, les officiers de JACKSON lui offrirent également un revolver Le Faucheux fabriqué en France. Cette arme à percussion à broche de calibre 12 millimètres, finement gravée, respirait l’ostentation Gauloise et fut loin d’être celle que JACKSON, ce Calviniste taciturne, aurait choisie lui-même. Il y a fort peu à parier que le Adams et le pistolet français aient été portés dans ses fontes, mais il doit avoir préféré le revolver Le Faucheux comme preuve de l’estime de ses subordonnés. Sans aucun doute moins populaire comme arme de combat que le Adams ou le Colt, le revolver Le Faucheux de JACKSON survécut à la guerre et entra dans la collection du Musée de la Confédération. Le Brigadier General Turner ASHBY, l’un des officiers subalternes de JACKSON, possédait trois revolvers. En tant que commandant de la cavalerie de JACKSON, ASHBY servait son chef aveuglément et jusqu’au bout des ongles. Courageux jusqu’à l’extrême et combattant téméraire, ASHBY considérait la guerre comme une espèce de chasse au renard, où les Yankees jouaient le rôle du renard. Son Colt Dragoon en calibre .44 était épaulé par une paire de Colt Navy Model 1851 en calibre .36. Il est probable qu’il avait en main l’un des Colt lorsqu’il fut abattu le 6 Juin 1862, près de Harrisburg, Virginia.

 

Wade HAMPTON se trouvait à la tête d’une division du corps de STUART avant que celui-ci ne fût tué, et il devint chef de la cavalerie de LEE. On sait que le Président DAVIS offrit à HAMPTON un pistolet de selle à percussion à deux canons superposés, fait par STAUDENMAYER en Angleterre. Ce pistolet fut l’un de ceux qui avaient été portés par DAVIS au cours de la guerre du Mexique. Sur le terrain, HAMPTON portait un revolver d’une marque inconnue, et il l’utilisa beaucoup. Après la guerre, l’un de ses amis lui demanda combien de Yankees il avait personnellement tué lors des batailles. HAMPTON réfléchit un moment, puis répondit que le total s’élevait à onze. « Et les deux de Trevilian ? » répliqua l’homme. « Ceux-là, je ne les compte pas » dit HAMPTON « Ils étaient en train de courir. » Il n’avait pas compté non plus les Tuniques Bleues qu’il avait seulement blessés. Au cours de la campagne de Gettysburg, HAMPTON abattit à 125 yards et avec son revolver un Yankee armé d’une carabine. Les deux hommes échangèrent plusieurs coups de feu jusqu’à ce que la carabine du soldat s’enrayât. Chevaleresque, HAMPTON cessa le feu jusqu’à ce que l’autre arme pût à nouveau tirer, et termina l’affaire en envoyant une balle dans le poignet du Bandeau Jaune. Merde ! A 125 yards, ça fait quelque chose comme 115 mètres. Avec un revolver de type Colt où le guidon conique est censé s’aligner dans une échancrure en « V » découpée dans le chien, c’est-à-dire avec des organes de visée rudimentaires, le type en face devait être bien visible. En tous cas, c’était un manche s’il n’a pas pu descendre le gégène avant avec sa carabine, et s’il a pris un pélot dans le poignet, c’est bien fait pour lui.

 

John Hunt MORGAN s’en vint en guerre comme capitaine de milice en 1861 et, en deux ans, se retrouva à la tête d’une brigade. MORGAN était propriétaire d’une paire de Colt Army Model 1860 en calibre .44, gravés et aux plaquettes de crosses en ivoire, ainsi qu’un Colt Navy Model 1851 en calibre .36. Au début de la guerre, il portait, et se servait, d’un fusil de chasse. Un jour, MORGAN et quatre hommes de troupe mirent toute une compagnie de cavalerie de l’Union en déroute, par une attaque en embuscade qui fut pertinemment exécutée. Bien que ses hommes fussent armés plus tard presque exclusivement de fusils Enfield courts, MORGAN ne perdit jamais foi dans l’efficacité d’une charge de cavalerie menée avec des revolvers qui crachant autant de plomb et de feu qu’ils pouvaient le faire.

 

PALADINS-GRIS-5Le Brigadier General Henry H. SIBLEY, un vétéran du service sur la frontière avec le vieux 2nd. Dragoons, mena une brigade de régiments montés Texans dans une invasion qui tourna mal, vers le Territoire du Nouveau Mexique au début de 1862.

 

SIBLEY possédait un Whitney en calibre .36, superbement préparé en coffret, mais il est peu probable qu’il eût pu toucher quoi que ce soit avec puisqu’il fut rarement à jeun pendant toute cette campagne désastreuse à travers le désert. A la fin de l’expédition, les chefs écœurés de son régiment espéraient qu’il retournerait le Whitney contre lui avant d’accepter un poste de général dans la Confédération.

 

Les Texans adorateurs de Colt avaient un bien meilleur chef en la personne du Brigadier General Ben Mc. CULLOCH. Un vétéran de la Guerre du Texas pour l’indépendance en 1836 et ancien Ranger sur la frontière, Mc. CULLOCH se vit offrir le 1er. Janvier 1848, par Samuel COLT en personne, l’un des premiers modèles de production du revolver Dragoon de 1848. Le pistolet, au numéro de série 1337, lui servit pendant plus de dix ans avant qu’il fût engagé dans les forces Confédérées. Parmi les unités sous son commandement, on trouvait la Compagnie A du 3rd. Texas Cavalry, armée exclusivement de revolvers et de carabines à répétition Colt. Mc. CULLOCH arborait un uniforme de velours noir et portait son Colt à la ceinture. Il fut tué par un tireur d’élite de l’Union, alors qu’il menait la charge à Pea Ridge, Arkansas, le 7 Mars 1862.

 

Le Major General David E. TWIGGS, auparavant colonel du 2nd. Dragoons pendant le Guerre du Mexique, reçut de Samuel COLT l’un des premiers revolvers Model Paterson, à un moment de sa carrière dans l’ancienne armée. L’âge et la maladie l’empêchèrent d’occuper une place active sur le terrain, et il mourut pendant l’été de 1862, laissant son rare Paterson à la postérité. Le choix du General Joseph WHEELER fut curieux. Il préféra un revolver Savage-North en calibre .36. Avec sa carcasse bizarre, piquant du nez, et son drôle de chien sur le haut, le Savage-North était à la fois gauche d’aspect et peu commode à manier. Il a du faire l’objet de quolibets chez les soldats aguerris de WHEELER, qui préféraient des Colt et des Remington capturés sur l’adversaire. Mais ce Savage-North servit très bien au général, puisqu’il survécut à de nombreuses rencontres avec l’ennemi. Au Tennessee entre Novembre et Décembre 1862, WHEELER fut personnellement engagé dans pas moins de vingt escarmouches avec les troupes de l’Union. Ces actions forcèrent d’ailleurs le General Braxton BRAGG à le réprimander officiellement pour s’être « exposé inutilement ».

 

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« Saignant horriblement du nez », le revolver Savage-North, breveté en 1856 et tirant 6 coups de calibre .36, fut amélioré en 1860. Le levier entourant la queue de détente servait à armer le chien avec le médius si le tireur ne voulait pas se servir du pouce. Il permettait surtout le tir rapide, pratiquement en double action, mais on imagine facilement ce que cela pouvait donner en matière de précision. Le Third Model de la première version, à gauche, fut fabriqué à 400 exemplaires, et la dernière version, à droite, le fut à 11 984 exemplaires.

 

 

Nathan Bedford FORREST, le Texan du 8th. Texas Cavalry, était encore plus agressif que WHEELER. A l’été 1861, il se mit à rassembler un bataillon de cavalerie pour l’enrôler dans la Confédération. Se glissant en Kentucky neutre, il acheta 500 revolvers pour ses hommes. Les types de pistolets qu’il se procura demeurent inconnus, mais on dit que FORREST porta une paire de Colt Navy Model 1851, du début de la guerre jusqu’à la fin. FORREST se trouvait constamment sur la ligne de feu et vingt neuf chevaux furent tués sous lui. Avec l’habitude qu’avait FORREST de rester dans le feu de l’action, les canons de ses revolvers étaient toujours chauds. Plusieurs incidents illustrent son goût du combat personnel. A la fin de Décembre 1861, FORREST menait une attaque contre la garnison Nordiste de Sacramento, Kentucky, lorsqu’il se retrouva en face de trois Tuniques Bleues agitant leur sabre. Une balle de pistolet déchira le collier de la veste de FORREST, marquant son cou. Il renversa l’un des soldats de sa selle en lui expédiant une balle, et se retourna pour affronter les deux autres attaquants. « Il abattit le premier avec un coup de feu, et sabra les deux autres » écrivit plus tard son biographe, Robert Selph HENRY. FORREST s’extirpa d’une autre situation difficile à coups de pistolets, au mois d’Avril suivant à Shiloh, y récoltant une blessure qui aurait tué beaucoup d’autres hommes. Ce ne fut pas avant des semaines plus tard, pendant lesquelles il était resté sur le terrain à se battre, qu’il consentit à ce que la balle de mousquet fût extraite de sa blessure, et même alors, on l’opéra sans anesthésiant. Juste un grand coup de gnôle dans le gosier, suivi d’un petit coup de maillet sur le crâne, immédiatement et adroitement administré. Un mal en chasse un autre, et si le gégène a mal à la tête après l’opération, on lui dira qu’on n’avait pas les moyens d’acheter de la bonne gnôle, parce que le fric, on l’a dépensé pour acheter des Kalach’s. Le Brigadier General James DEARING quitta l’Ecole des Cadets quand la Virginie se sépara de l’Union, et il passa les trois premières années de la guerre comme commandant d’artillerie et de cavalerie, avant de gagner son étoile en Avril 1864. Lors des la retraite vers Appomattox, ses hommes se heurtèrent aux troupes de l’Union menées par le General Theodore READ à High Bridge, Virginia, le 6 Avril 1865. DEARING et le général Yankee se mirent à part et se battirent dans un duel au pistolet, qui laissa READ mort et DEARING mourant. Le Colt Navy Model 1851 de DEARING reste en possession de sa famille, relique précieuse du dernier général Confédéré à mourir au combat. Une autre arme de poing ayant appartenu à un général Sudiste est inscrite en triste post-scriptum à la guerre. Le Brigadier General William M. BROWNE de Georgie, offrit son revolver Colt Root Pocket Model 1855, au numéro de série 22987, à la femme du Président, Mme. Varina Howell DAVIS, juste avant que le gouvernement ne partît de Richmond en Avril 1865. La Première Dame de la Confédération quitta Richmond avec un petit enfant dans les bras et un revolver Colt glissé dans son sac à main.

 

On trouva toute une variété d’armes d’épaules dans les tentes et les chariots à bagages des quartiers généraux. Des armes à chargement par la culasse de différents types semblent avoir été populaires parmi eux. Jeb STUART possédait un fusil revolver Colt ainsi qu’une carabine Anglaise à chargement par la culasse Calisher & Terry, qu’il essayait sur le terrain pour la cavalerie Confédérée. Cette carabine en calibre .56 présentait un gros mécanisme de culasse qui ressemblait un peu à ceux que l’on trouve sur les pièces d’artillerie modernes. Le Major General John B. FLOYD de Virginie reçut en cadeau de Samuel COLT un fusil revolver Colt alors qu’il était Secrétaire à la Guerre sous le Président James BUCHANAN. Le Major General John G. WALKER fut un autre de ces officier supérieurs qui possédaient un fusil Colt. Il acheta le sien quand il servit au Regiment of Mounted Riflemen dans les années 1850.

 

PALADINS-GRIS-8Nathan Bedford FORREST, alors Lieutenant Colonel, encore lui, était présent à la bataille de Fort Donelson. C’est là qu’avec un coup tiré de loin avec une carabine Maynard, il abattit un tireur d’élite Nordiste perché dans un arbre.

Et voilà que les officiers Sudistes se mettent à dégommer les snipers adverses avec des pétoires, maintenant.

Ben Mc. CULLOCH affectionnait lui aussi la Maynard à chargement par la culasse, et en portait une en bandoulière lorsqu’il mourut à Pea Ridge. Le Major General Dabney H. MAURY, qui servit avec WALKER sur la frontière du Texas, accrochait sa préférence à un fusil à chargement par la bouche, plus conventionnel. En poste à Carlisle Barracks, Pennsylvannia, avant la guerre, il se procura un canon de U.S. Model 1841 Mississipi Rifle de surplus, et le fit monter sur un fût et une platine de sport par un armurier local pour en faire un fusil superbement précis. MAURY se vantait d’avoir tiré du gibier à plus de 200 yards avec cette arme de service qui avait été modifiée. Ben tiens… Une zone vitale sur un gibier moyen, c’est pas grand. Et quand on connaît les faibles qualités balistiques de la grosse boule tirée par le Mississipi Rifle, il faut taper dans la zone vitale, sinon le gibier continue à se promener en boitant et il va se perdre ailleurs, pour y crever sans qu’on l’ait retrouvé. Donc à 200 yards avec un canon lisse, faut déjà être bon tireur. Le Major General Samuel G. FRENCH gardait comme trophée l’un des seize fusils à répétition Henry que ses troupes avaient capturé lors d’un combat en 1864 contre les forces de SHERMAN en Georgie. Après Appomatox, FRENCH rendit loyalement le joli fusil au boîtier de culasse en laiton, aux autorités de l’Union.

 

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Fabriqué à environ 14 000 exemplaires par New Haven Arms Co., à New Haven, Connecticut, en calibre .44 Henry Flat à percussion annulaire. Le gouvernement Nordiste en acheta 1 731 entre 1862 et 1865, et en dota le 1st. Maine et le 1st. District of Columbia Cavalry Regiment.

 

 

 

D’autres généraux Américains ont porté des armes personnelles spéciales depuis l’époque de FORREST et de WHEELER. Sans aucun doute, les guerres à venir verront des généraux Américains dégainer leurs armes en menant leurs troupes à l’assaut contre l’ennemi, mais leurs exploits ne resteront que des ombres pâles, comparées à ceux qui furent accomplis par les galants chefs menant les légions Grises de la Cause Perdue. Au vingtième siècle, on sait qu’un autre Américain, amateur d’armes né en 1885 en Californie et qui n’avait donc plus rien à voir avec les paladins Gris, mais plus connu comme Général de chars, George S. PATTON, préférait des crosses en ivoire sur la paire de Single Action Army en .45 qu’il portait de préférence au Colt 1911 réglementaire dont il avait gardé un mauvais souvenir, quand un coup était parti tout seul de son pistolet tombé au sol alors qu’il était Capitaine pendant la Première Guerre Mondiale. L’individu était d’ailleurs armé jusqu’au dents car, non content d’être escorté et protégé comme un General peut l’être, il avait également, en plus de la paire de Colt S.A.A., une paire de Smith & Wesson en .357 à canons de 3,5 pouces. Chez les étrangers, deux autres individus, loin d’être des paladins Gris ceux-là, furent ce gros porc d’Hermann GÖRING qui frimait avec un revolver Smith & Wesson en .38 Special à la ceinture, comme si un bon vieux Lüger P08 allemand n’eût pas été mieux, mais c’était déjà trop bien pour lui, et le Russe Leonid BREJNEV qui aimait emporter son Colt Peacemaker Single Action Army en .45 avec lui lorsqu’il partait chasser.

 

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